Pages vagabondes
Au fil des lectures, quelques uns de mes grands voyages...
Il est des livres qui, une fois fermés, continuent de vous susurrer leur mélodie. Des personnages qui, par delà les mots, continuent de vous habiter... C'est de ceux-là dont je veux parler.
Léa danse. Léa a besoin d'occuper l'espace. Tout l'espace. De tendre ses muscles, infiniment. Jusqu'à épuisement. Ne laisser aucun vide. Pourtant, il y a une part de vide qu'elle ne peut occuper, celui de la peur de sa mère, Romilda, celui de son secret, "c'est quoi la peur toujours, la menace dans tes yeux, maman, c'est quoi ? C'est quoi ce que tu avais à me dire ?".
De vous à moi, de moi à vous...
Quelle infinie grâce pour occuper l'espace et te sentir vivante. Pourtant le tourment, en toi, est bien là, et le mal-être est insidieux, depuis l'enfance. Jusqu'au jour où tu décides de tout affronter. Dans la tempête, aller chercher les non-dits trop présents, arracher ce terrible secret que ta tendre mère ne peut t'avouer pour te préserver. Et ensemble, dans cet amour fou qui vous unit, "laver les ombres" pour renaître l'une et l'autre, l'une à l'autre.
Mais lui ? Comment a-t-il pu orchestrer tout cela ?
"Léa entend et les paroles de sa mère résonnent tout au fond d'elle.
Elle reconnaît ce qui a toujours bercé sa tristesse sans nom. Familière. Immense. Son désert. Cette nuit elle apprend. C'est devant l'histoire de ceux qui l'ont conçue qu'elle voit que tout lien a été balayé."
Mais lui ? Comment a-t-il pu orchestrer tout cela ?
Extraits
"Elle est un mot étranger jeté dans la langue. Comme un mot tout seul jeté dans le silence. Elle se sent intruse. Depuis toute petite. Alors elle danse. Il faut qu'elle trace avec son corps, les lignes qui permettent d'intégrer l’espace. Seule la beauté du mouvement peut la sauver. C'est sa façon de trouver sa place dans la vie."
"Léa entend et les paroles de sa mère résonnent tout au fond d'elle.
Elle reconnaît ce qui a toujours bercé sa tristesse sans nom. Familière. Immense. Son désert. Cette nuit elle apprend. C'est devant l'histoire de ceux qui l'ont conçue qu'elle voit que tout lien a été balayé."
L'écriture de Jeanne Benameur
Le langage du corps, Léa qui cherche à se libérer de son poids, propre et figuré, le lourd secret de cette mère tant aimée, la rage, en écho à la tempête qui gronde au dehors... L'écriture de Jeanne Benameur est encore une fois une délicate alchimie mêlant tous ces éléments. Une puissante et pudique écriture de l'âme humaine.
Des thèmes de prédilection
Dans ce roman, encore le couple mère-enfant et les liens très forts qui les unissent. Ainsi que le pouvoir des mots et du corps à travers la danse, un langage à part entière.