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C. M.
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lundi 12 avril 2021

Poésie, Elle et Je

 Voyages en Poésie



Au fil des ballades égrenées, quelques pensées poétiques inventées...
Il est des poèmes qui, une fois parcourus, continuent de vous chavirer au point d'avoir envie de créer, entre les lignes, entre les rimes, de nouveaux paquebots de mots...




C'est Elle et Je, qui osent et s'aiment enfin pour la première fois...

Ce poème créé est inspiré de la nouvelle poétique de Loïc Demey, "Je, d'un accident ou d'amour" (voir deux extraits plus bas sur cette page).
L'animation suivante peut être mise en plein écran.







Extraits de "Je, d'un accident ou d'amour"

La rencontre avec Adèle :
"Je me chancelant, je me trac. Elle me chuchotements d'amour à l'oreille. La rue se nuit, le ciel se lune. Je la nue. La pièce se sombre, je m'orage. La fermeture éclair. La robe, tonnerre. Sa tunique en l'air et ses dessous à terre. La rue se lune, le ciel se nuit. Je la nue. Elle me peau, je la pulpe des doigts. On s'épiderme."

Les prémices d'une rupture avec Delphine :
"Je l'affection aussi Delphine. Mais, depuis quelques mensualités, nos sentiments se pâles et se fades. Le rouge se rose et le blanc se boue. On se trente ans passés avec pas l'envie de seul. On se fatalité, on se facilité. On se quotidien, on se tablette tactile et téléphone portable au petit-déjeuner. Le soir, on se télévision au lit. Elle se séries, je me navets. Et l'on se corps de moins en moins. Notre couple s'usure. Jusqu'à la corde."



"Je, d'un accident ou d'amour", Loïc Demey, 2016



Pour voir l'article publié sur "Je, d'un accident ou d'amour", 








jeudi 8 avril 2021

Poésie - La goutte de pluie

 

Voyages en Poésie


Au fil des ballades égrenées, quelques pensées poétiques inventées...
Il est des poèmes qui, une fois parcourus, continuent de vous chavirer au point d'avoir envie de créer, entre les lignes, entre les rimes, de nouveaux paquebots de mots...




C'est une goutte de pluie, qui, précipitée sur le carreau d'une fenêtre, se met à rêver, tout en glissant, de cet intérieur douillet. 
Elle supplie la fenêtre de s'ouvrir, vite, car elle ne veut pas être rattrapée par la tempête qui gronde derrière elle...

Ce poème créé est inspiré du poème de Charles Baudelaire, "Les fenêtres" (voir le poème plus bas sur cette page).
L'animation suivante peut être mise en plein écran.






Les fenêtres

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément. Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?


Extrait de Petits Poèmes en prose, édition posthume, 1869