Pages vagabondes
Au fil de l'année 2019, quelques uns de mes voyages littéraires...
Il est des livres qui, une fois fermés, continuent de vous susurrer leur mélodie. Des personnages qui, par delà les mots, continuent de vous habiter... C'est de ceux-là dont je veux parler.
Jean-Benoît Patricot, DARIUS, éd. Riveneuve, 2016, coll. Théâtre
Roman épistolaire, adapté au théâtre
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Darius est un jeune homme de 19 ans qui est polyhandicapé et qui perd, d'année en année, sa mobilité et ses sens. Le seul sens préservé jusqu'à son décès est celui de l'odorat.
Claire, sa mère, demande alors à Paul, nez et créateur de parfums, d'inventer des fragrances qui permettront à Darius de voyager encore et même de vivre l'amour.
De vous à moi, de moi à vous...
Quelle mère admirable tu fais ! Ton amour pour ton fils est délicat, profondément respectueux, sincère. Tu as choisi de l'accompagner jusqu'à son dernier souffle en lui offrant une multitude de destinations olfactives. Après tout, à 19 ans, l'appétit de vivre est féroce !
Ainsi, grâce au travail et à la complicité de Paul, tu lui permets de s'évader de ce corps dont il est prisonnier et de jouir de la vie encore présente en lui.
Sans le savoir, grâce à toi, c'est Paul aussi, qui va à nouveau s'éveiller, renaître. Lui, son existence, il l'avait rangée, bien pliée, au fond d'un tiroir, depuis le décès de son épouse...
Vos échanges en deviennent alors touchants et complices, quelle belle alchimie !
Extrait
"Ce parfum est un bonheur, une harmonie parfaite avec des senteurs souples, vibrantes, propices aux illusions, peut-être même à l'abstraction. J'y ai retrouvé toute la ville, les ruelles sombres et chaudes, l'air captif des églises, le soleil dans le jardin de la villa Médicis, la musicalité de la langue. (...) J'ai tout de suite su qu'il (Darius) avait reconnu Rome à son petit sourire de contentement. Il est resté les yeux clos. Il était de retour à Rome."