Pages vagabondes
Au fil des lectures, quelques uns de mes grands voyages...
Il est des livres qui, une fois fermés, continuent de vous susurrer leur mélodie. Des personnages qui, par delà les mots, continuent de vous habiter... C'est de ceux-là dont je veux parler.
Vie chaotique mais menée avec bonheur. Jeunesse insouciante croyant en son génie et son avenir.
Désargentés, mal fagotés et ne mangeant qu'un jour sur deux, les quatre artistes bohémiens sont Rodolphe, poète, Alexandre Schaunard, musicien, Gustave Colline, philosophe, Marcel, peintre. Tous marginaux vivant sous les toits de Paris au XIXe siècle avec leurs maîtresses, Mimi, Musette...
C'est avec panache qu'ils nous offrent leur quotidien de misère.
♫ La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu'un jour sur deux
Dans les cafés voisins
Nous étions quelques uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d'y croire ♫
Désargentés, mal fagotés et ne mangeant qu'un jour sur deux, les quatre artistes bohémiens sont Rodolphe, poète, Alexandre Schaunard, musicien, Gustave Colline, philosophe, Marcel, peintre. Tous marginaux vivant sous les toits de Paris au XIXe siècle avec leurs maîtresses, Mimi, Musette...
C'est avec panache qu'ils nous offrent leur quotidien de misère.
♫ La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu'un jour sur deux
Dans les cafés voisins
Nous étions quelques uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d'y croire ♫
C. Aznavour
Des histoires comiques, cocasses et une plume truculente nous font découvrir toute une époque.
Extraits autour des habits
Celui de Marcel :
"-Comment, dit Rodolphe avec inquiétude, tu vas encore mettre Mathusalem ?
-Hélas ! répondit Marcel, il le faut bien ; Dieu le veut, et mon tailleur aussi ; d'ailleurs, il a une garniture de boutons neuve, et je l'ai reprisé tantôt avec du noir de pêche.
Mathusalem était simplement l'habit de Marcel ; il le nommait ainsi parce que c'était le doyen de sa garde-robe.
Mathusalem était fait à la dernière mode d'il y a quatre ans, et était en outre d'un vert atroce ; mais, aux lumières, Marcel affirmait qu'il jouait le noir."
Celui de Colline :
"L'habit de Colline mérite une mention. D'abord cet habit était complètement bleu, et c'était par habitude que Colline disait mon habit noir. Et comme il était le seul de la bande possédant un habit, ses amis avaient également la coutume de dire en parlant du vêtement officiel du philosophe : l'habit noir de Colline. En outre ce vêtement célèbre avait une forme particulière, la plus bizarre qu'on pût voir : les basques très longues, attachées à une taille très courte, possédaient deux poches, véritables gouffres, dans lesquelles Colline avait l'habitude de loger une trentaine de volumes qu'il portait éternellement sur lui, ce qui faisait dire à ses amis que, pendant les vacances des bibliothèques, les savants et les hommes de lettres pouvaient aller chercher des renseignements dans les basques de l'habit de Colline. Bibliothèque toujours ouverte aux lecteurs.
Ce jour-là, par extraordinaire, l'habit de Colline ne contenait qu'un volume in-quarto de Bayle, un traité des facultés hyperphysiques en trois volumes, un tome de Condillac, deux volumes de Swendenborg et l'Essai sur l'homme de Pope."